Au fil de l'encre ... au fil de l'eau

05 décembre 2016

Une pensée

"On ne doit plus craindre les mots lorsqu'on a consenti aux choses." (Marguerite Yourcenar)

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01 décembre 2016

Les yeux jaunes des crocodiles (Katherine Pancol)

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          Iris, la quarantaine, belle, riche et élégante parisienne,avait autrefois lancé toutes les modes, accumulé tous les diplômes, séduit tous les hommes. Elle ne vivait pas, ne respirait pas, elle régnait ! Aujourd'hui, malgré tous ces atouts et la vie bourgeoise qu'elle mène, elle s'ennuie et rêve de devenir une autre.
          Au cours d'un dîner, elle fait la connaissance d'un éditeur, et prétend être en train d'écrire un livre sur le Moyen-Âge…


          A l'inverse d'Iris, Joséphine, sa sœur, est une historienne. Par manque de confiance en elle, c'est une personne effacée. Chercheuse brillante du CNRS, elle est spécialisée dans le domaine des femmes au XII° siècle. Mère de deux enfants, un jour, elle craque. Elle ne supporte plus son mari – chômeur oisif, attentiste, et amant de Mylène, la coiffeuse du quartier. Elle finit par le mettre à la porte du domicile conjugal. Il décide de partir au Kenya pour faire un élevage de crocodiles.
           Joséphine enchaîne petits boulots sur petits boulots. En plus de son travail de chercheur, elle s'investit dans des traductions que lui fournit son beau-frère et, surtout, elle accepte de servir de prête plume à sa sœur Iris, qui, ayant annoncé au beau monde l'écriture d'un livre ne se sent plus de faire marche arrière. Joséphine, au grand cœur, habituée depuis qu'elles sont enfants qu'Iris la domine, accepte de lui rendre ce service.


              Cette situation va les conduire, chacune leur tour, sur des chemins inconnus jusqu'alors. A la parution du livre, Iris obtient la reconnaissance tant espérée, et Joséphine voit sa situation financière considérablement s'améliorer.

Extrait :

"- un contrat dont on ne parle à personne; Tu m'entends ? Personne. Un contrat qui sert nos intérêts à toutes les deux. Toi, tu as besoin d'argent... Ne dis pas non. T'as besoin d'argent... Moi, j'ai besoin de respectabilité et d'une nouvelle image... Je ne t'explique pas pourquoi, ça deviendrait trop compliqué et puis je ne suis pas sûre que tu comprendrais. Tu ne pigerais pas l'urgence dans laquelle je suis.

- J e peux essayer si tu m'expliques, proposa timidement Joséphine.

- Non ! Et puis je n'ai pas envie de t'expliquer. Alors c" qu'on va faire, c'est très simple : toi tu écris le livre et tu récoltes l'argent, moi je le signe et je vais le vendre à la télévision, à la radio, dans les journaux... Tu produis la matière première, moi j'assure le service après-vente. "

Mon avis : Katherine Pancal brosse des portraits de femmes. Certes caricaturaux et improbables parfois, mais des femmes qui, à certains points de vue, comme nous toutes, nous ressemblent. Car il leur faut mener de front carrière professionnelle, familiale et sociale. L'écriture est agréable.

 

     

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29 novembre 2016

Une pensée

"Les vilaines pensées viennent du coeur" (Paul Valériy)

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22 novembre 2016

Chocolat (Joanne Harris)

 

 

Chocolat est un roman

 

 

 

 

 

 

 

          Vianne Rocher, une jeune mère célibataire arrive dans le village français de Lansquenet-sous-Tannes au début du carême  avec sa fille de six ans, Anouk. Tout le monde connait tout le monde. Rien ne peut échapper à la vigilance des villageois. Leur arrivée entraîne un vent de bouleversement dans la vie apparemment paisible de ce petit monde.

           La jeune femme décide d'ouvrir sa chocolaterie : La Céleste Praline, sur la place en face de l'église. Pendant la saison traditionnelle de jeûne et d'abnégation elle change doucement la vie des villageois qui la visitent avec une combinaison de sympathie, de subversion et un peu de magie.

 

            Vianne n'est pas mariée, elle ne va pas à l'église... Elle n'a rien d'une femme soumise et ne cède en rien aux critiques des villageois, bien au contraire sa douceur fera souffler un nouveau vent dans le village.

           Pour Francis Reynaud, le prêtre du village et ses partisans, elle est simplement un démon. Comme les tensions sont élevées, la communauté est de plus en plus divisée. Pâques approche et oppose le rituel de l'Église à l'indulgence du chocolat. Le Père Reynaud et Vianne Rocher font face à une épreuve inévitable.

             Joanne Harris a indiqué que plusieurs des personnages ont été influencés par des individus dans sa vie. Anouk lui a été inspiré par sa fille, y compris son lapin imaginaire, Pantoufle. L'arrière-grand-mère très forte et indépendante de l'auteure a influencé leportrait de Vianne et du vieux Armande.

Extrait : "J'ai appris que M'sieur le curé avait déjà une dent contre vous, ajouta-t-elle avec malice. Je suppose qu'il trouve qu'une confiserie est une chose malvenue sur la place de l'église. Elle me regarda à nouveau de son air ironique t moqueur. Est-ce que vous êtes une sorcière ? Sorcière, sorcière... Ce n'est pas le mot juste, mais je savais ce qu'elle voulait dire. Qu'est-ce qui vous fait croire ça ? Oh c'est évident. Entre sorcières, on se reconnaît, j'imagine. Elle éclata de rire, un rire qui ressemblait à des violons affolés. "


            Les personnages sont complexes. Le roman p
orte sur des problématiques pourtant toujours actuelles telles que la discrimination, les stéréotypes, l'intolérance, le manque de communication, ou la misère humaine. De nombreux thèmes sont d'ailleurs abordés dans l'histoire, comme le conflit sédentaire/nomade, le fanatisme opportuniste de quelques religieux pratiquants, les malentendus intergénérationnels, l'alcool et les femmes battues.

             Toutefois il ne faut pas s'y tromper, le ton est résolument optimiste, souvent drôle et chacun des thèmes trouve son opposé dans le bonheur, la joie de tous les instants, l'entraide, ou l'amour tout simplement.               Le roman est raconté par deux voix : celle de Vianne et celle du curé (c'est lui qui s'appelle Reynaud dans le roman) qui déteste la jeune femme et sa chocolaterie.              À lire pour s'ouvrir un peu l'esprit et passer un très bon moment car du début à la fin ce roman est une merveille, de beauté, de bonté, d'ouverture, d'émotion...

Mon avis : Le chocolat est décrit de façon particulièrement gourmande par l'auteure qui parvient plus d'une fois à nous mettre l'eau à la bouche. Des effluves gourmands s'échappent de la plupart des pages, grâce aux descriptions des friandises préparées par Vianne. Jai aimé l'atmosphère gourmande et lourde de senteurs de sa boutique.

Ce roman est un récit très doux malgré les mauvais sentiments de certaines personnes envers Vianne et sa chocolaterie.

A savourer sans modération,  avec une bonne tasse de chocolat chaud !

 

 

21 novembre 2016

Une pensée

"Les vrais paradis sont ceux qu'on a perdus" (Marcel Proust)

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17 novembre 2016

Les fenêtres (Charles Baudelaire)

          Celui qui regarde du dehors à travers une fenêtre ouverte, ne voit jamais autant de choses que celui qui regarde une fenêtre fermée. Il n'est pas d'objet plus profond, plus mystérieux, plus fécond, plus ténébreux, plus éblouissant qu'une fenêtre éclairée d'une chandelle. Ce qu'on peut voir au soleil est toujours moins intéressant que ce qui se passe derrière une vitre. Dans cet trou noir ou lumineux vit la vie, rêve la vie, souffre la vie.

           Par delà des vagues de toits, j'aperçois une femme mûre, ridée déjà, pauvre, toujours penchée sur quelque chose, et qui ne sort jamais. Avec son visage, avec son vêtement, avec son geste, avec presque rien, j'ai refait l'histoire de cette femme, ou plutôt sa légende, et quelquefois jeme la raconte à moi-même en pleurant.

           Si c'eût été un pauvre vieux homme, j'aurais refait la sienne tout aussi aisément.

           Et je me couche, fier d'avoir vécu et souffert dans d'autres que moi-même.

           Peut-être me direz-vous : "Es-tu sûr que cette légende soit la vraie ?" Qu'importe ce que peut être la réalité placée hors de moi, si elle m'a aidé à vivre à sentir que je suis et ce que je suis ?

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16 novembre 2016

Une pensée

"On ne peut rien écrire dans l'indifférence" ( Simone de Beauvoir)

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15 novembre 2016

Café Lowendal et autres nouvelles (Tatiana de Rosnay)

Café Lowendal et autres nouvelles

              Il s'agit d'un recueil de dix nouvelles inédites. Ces textes sont peuplés de personnages un peu perdus en quête de frissons ou d’affection. Nous retrouvons des écrivains en crise, des couples au bord de l’effondrement ou encore des jeunes gens désœuvrés. Tous voient un jour leur vie basculer.

            Chaque nouvelle est construite d’une façon minutieuse. Une petite musique nous amène toujours à une fin inéluctable. Entre les nouvelles, il n'y a pas vraiment de fil conducteur.

             La première nouvelle est aussi la plus longue. Elle nous parle d'une auteure à succès qui raconte sa descente aux enfers à cause de l’amour,de la jalousie, d’une autre femme et d’un piège bien tendu.

Extrait : "Où est passée la flamboyante romancière, la rousse à la peau laiteuse, celle des plateaux de télévision, celle qu'on arrêtait dans la rue pour lui réclamer des autographes, celle qui ne pouvait plus répondre à son courrier, trop abondant ? Gabrielle Célas n'existe plus . Elle n'est qu'un mirage. Je me demande ce qu'ont pensé mes lecteurs. La plupart savent que j'ai souhaité disparaître, après. Ils ont dû se persuader que j'allais écrire un nouveau livre, tourner la page, finir par revenir. Mais je ne suis jamais revenue. Je suis partie. Pour toujours.

              Jusqu'à la fin de mes jours je continuerai d'écrire, mais plus rien ne sera publié. Je l'ai précisé à mon notaire, à mon avocat, et c'est inscrit dans mon testament. Dans la grande cheminée de pierre, je brûle tout ce que j'ai pu écrire depuis que je vis ici. Personne ne me lira. Plus jamais. C'est ainsi."

           

            La plus courte met en scène une famille qui, après une année difficile, décide de passer ses vacances sur une île grecque. Coin de paradis, villa avec femme de ménage et paysage de rêve. Dès leur arrivée, le charme du lieu opère, mais ils vont vite déchanter : des travaux, des bruits assourdissants, des toilettes qui s’effondrent et un père qui disjoncte !

Extrait : "Il n'y avait pas d'autres WC dans la jolie maison. Le lendemain matin, Max appela l'agence de location. On promit d'envoyer un plombier dans l'heure. Tandis qu'on attendait le plombier, en expliquant aux enfants incrédules mais amusés qu'il fallait faire leurs besoins dans le jardin, les camions et les marteaux-piqueurs avaient repris leur concert infernal. A bout de nerfs, je décidai d'aller voir d'où venait ce boucan."

              L'auteur nous offre de petits échantillons de son talent de conteuse. En peu de mots, elle réussit à construire des personnages attachants et bouleversants.  Je vous conseille vivement d’aller vous asseoir à la terrasse du café Lowendal.

 

Mon avis : J'ai trouvé l'écriture de  Tatiana de Rosnay plutot agréable à lire. Une première découverte réussie ! 

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19 octobre 2015

Les gens heureux lisent et boivent du café (Agnès Martin-Lugand)

41j9Z6+jIFL             Diane doit faire face à la perte de ce qu’elle chérissait le plus au monde : son mari et sa fille de 5 ans. Sa vie est alors une véritable descente aux enfers d’où elle finira par s’extirper avec beaucoup de difficulté.

 

Extrait : « Ils étaient partis en chahutant dans l’escalier. J’avais appris qu’ils faisaient encore les pitres dans la voiture, au moment où le camion les avait percutés. Je m’étais dit qu’ils étaient morts en riant. Je m’étais dit que j’aurais voulu être avec eux. Et depuis un an, je me répétais tous les jours que j’aurais préféré mourir avec eux. Mais mon cœur battait obstinément. Et me maintenait en fie. Pour mon plus grand malheur.

 

Mon avis : Agnès MARTIN-LUGAND traite le sujet de la reconstruction après la perte d’un être cher avec beaucoup de douceur, de tendresse, d’émotions mais aussi avec beaucoup de pudeur et de justesse.

Les phrases courtes et les dialogues empreint d’une note d’humour donnent une écriture légère pour un sujet délicat.

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28 septembre 2015

Entre mes mains le bonheur se faufile (Agnès Martin-Lugand)

41JkSVhOSJL          Iris est mariée à un médecin hospitalier. Elle a pris un emploi dans une banque pour plaire à ses parents. Elle s’ennuie dans sa petite vie tranquille.

Lors d’un repas dominical chez ses parents, elle apprend certaines choses qui vont la décider à tout « plaquer » pour faire ce qu’elle a toujours voulu.

         Elle part à Paris pour quelques mois. Son parcours prend forme au gré d’une curieuse rencontre. Son rêve va se transformer en réalité malgré les embûches.

 

Extrait : « Comme d’un brouillard, j’écoutais mon frère me raconter que nos parents avaient ouvert mon courrier et qu’ils avaient découvert ce que j’avais préparé dans leur dos. Je m’étais dit à l’époque qu’une fois que j’aurais fini cette maudite école de commerce dans laquelle ils m’avaient inscrite de force alors que je ne rêvais que de machines à coudre et de maisons de couture, je serais libre de faire ce que je voulais. Après tout, j’étais majeure et vaccinée, et ils n’auraient plus leur mot à dire. La vérité était tout autre et je ne l’apprenais qu’aujourd’hui : ils avaient décidé de se débarrasser de la fameuse lettre ; ils l’avaient brûlée. Ils m’avaient trahie.

 

Mon avis : L’écriture est fraiche. Je me suis identifiée à Iris sans aucun problème. L’histoire est rythmée et réaliste.

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