Au fil de l'encre ... au fil de l'eau

14 juin 2017

La bibliothèque des coeurs cabossés (Katarina Bivald)

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 Sara est une jeune suédoise de 28 ans, petit rat de bibliothèque et mal dans sa peau. Amy est une vieille dame qui vit dans une petite ville de l’Iowa. Pendant longtemps, elles ont  entretenu une correspondance autour de leur passion commune, les livres. La jeune femme décide de venir rendre visite à son amie. Tout est organisé. Elle doit passer 2 mois à Broken Wheel. Le jour de son arrivée, rien de se passe comme prévu. Sara arrive dans ce bled, le jour de l'enterrement d'Amy. Elle est seule et désemparée.

De part les lettres de son amie, elle connait les histoires de chacun. Comme un hommage, elle décide d'ouvrir une librairie avec tous les livres d'Amy. Elle encourage les habitants de Broken Weel à nouer un contact, à se rassembler autour d'un projet commun : les livres et Amy. Elle finit par se faire aimer et apprécier de tous. Elle est adoptée !

Lorsque son visa arrive à expiration, c'est toute la ville qui se mobilise pour qu'elle puisse rester...

Extrait : "-  Morte ? répétat-elle, un commentaire d'une extraordinaire stupidité, même venant d'elle.

Elle se laissa tomber sur l'un des tabourets de bar. Qu'allait-elle faire ? Elle songea à la femme de Hope et se demanda si elle ne ferait pas mieux d'y  retourner.

Amy ne peut pas être morte, pensa Sara. Elle était mon amie. Elle aimait les livres, bon sang !

Ce n'est pas le chagrin qui accabla Sara mais la conscience aiguë du caractère transitoire de la vie, et son sentiment de surréalisme se renforça. Elle avait fait le chemin de Suède jusqu'en Iowa pour marquer une pause dans sa vie, pour échapper à la vie même, mais certainement pas pour être confrontée à la mort.

Comment était-elle décédée ? Une partie  d'elle voulait poser la question une autre ne voulait pas savoir."

 

Mon avis : La stratagème mit en place par les habitants de Broken Wheel pour permettre à Sara de rester parait cousu de fil blanc. Cependant, l'histoire est touchante. Katarina Bivald met en avant la guérison par les livres ainsi que la solidarité dont l'être humain est capable de faire preuve.

 


01 juin 2017

La vie est facile, ne t'inquiète pas (Agnès Martin-Lugand)

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                          Diane a perdu son mari et sa fille dans un accident de voiture. Après avoir passé une année en Irlande pour faire son deuil, elle est rentrée à Paris et, à repris les rennes de son café littéraire "les gens heureux lisent et boivent du café".

                          Grâce à son ami Félix, Diane rencontre Olivier. Il est gentil, attentionné, doux et cultivé. Elle semble et pense filer le parfait amour. Pour lui faire plaisir, Olivier l'enmène a une exposition photo sur l'Irlande. C'est alors qu'un évènement imprévu va boulverser ces certitudes...

 

Extrait : " Tu fais une de ces têtes , aujourd'hui ! Olivier a eu une panne ou quoi ?

Il attaquait fort. J'allais répondre aussi fort :

- Edward est à Paris, je suis tombée sur lui hier soir.

Il s'écroula sur le premier tabouet qu'il rencontra.

- Je doit être encore sous ecsta !

Bien malgré moi, je pouffai.

- Non Félix. C'est la stricte vérité, et il va peut-être  passer ici, aujourd'hui. ... /... Je rendais la monnaie à un client quand il apparut, un sac de voyage sur l'épaule. Mon café me sembla très petit d'un coup ; Edward prenait toute la place. Il serra la main de Félix, qui eut le bon goût de ne ne faire aucune blague douteuse, s'accouda au bar et observa mon univers avec la plus grande attention. Cela dura de longues minutes. Ses yeux bleu-vert scannaient les livres, les verres, les photos sur le comptoir. Il finit par river son regard au mien, sans rien dire. Tant de choses remontaient à la surface : nos disputes, nos quelques baisers, ma décision, sa déclaration, notre séparation.

Mon avis : Comme pour les 2 premiers livres, la lecture est fluide. Les personnages sont attachants. Je suis encore laissée "attrapper" par l'histoire et la sincérité qui s'en dégage. Je trouve qu'Agnès Martin-Lugand écrit avec son coeur.

 

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Chocolat (Joanne Harris)

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 Chocolat est un roman

 

          Vianne Rocher, une jeune mère célibataire arrive dans le village français de Lansquenet-sous-Tannes au début du carême  avec sa fille de six ans, Anouk. Tout le monde connait tout le monde. Rien ne peut échapper à la vigilance des villageois. Leur arrivée entraîne un vent de bouleversement dans la vie apparemment paisible de ce petit monde.

           La jeune femme décide d'ouvrir sa chocolaterie : La Céleste Praline, sur la place en face de l'église. Pendant la saison traditionnelle de jeûne et d'abnégation elle change doucement la vie des villageois qui la visitent avec une combinaison de sympathie, de subversion et un peu de magie.

 

            Vianne n'est pas mariée, elle ne va pas à l'église... Elle n'a rien d'une femme soumise et ne cède en rien aux critiques des villageois, bien au contraire sa douceur fera souffler un nouveau vent dans le village.

           Pour Francis Reynaud, le prêtre du village et ses partisans, elle est simplement un démon. Comme les tensions sont élevées, la communauté est de plus en plus divisée. Pâques approche et oppose le rituel de l'Église à l'indulgence du chocolat. Le Père Reynaud et Vianne Rocher font face à une épreuve inévitable.

             Joanne Harris a indiqué que plusieurs des personnages ont été influencés par des individus dans sa vie. Anouk lui a été inspiré par sa fille, y compris son lapin imaginaire, Pantoufle. L'arrière-grand-mère très forte et indépendante de l'auteure a influencé leportrait de Vianne et du vieux Armande.

Extrait : "J'ai appris que M'sieur le curé avait déjà une dent contre vous, ajouta-t-elle avec malice. Je suppose qu'il trouve qu'une confiserie est une chose malvenue sur la place de l'église. Elle me regarda à nouveau de son air ironique t moqueur. Est-ce que vous êtes une sorcière ? Sorcière, sorcière... Ce n'est pas le mot juste, mais je savais ce qu'elle voulait dire. Qu'est-ce qui vous fait croire ça ? Oh c'est évident. Entre sorcières, on se reconnaît, j'imagine. Elle éclata de rire, un rire qui ressemblait à des violons affolés. "


            Les personnages sont complexes. Le roman p
orte sur des problématiques pourtant toujours actuelles telles que la discrimination, les stéréotypes, l'intolérance, le manque de communication, ou la misère humaine. De nombreux thèmes sont d'ailleurs abordés dans l'histoire, comme le conflit sédentaire/nomade, le fanatisme opportuniste de quelques religieux pratiquants, les malentendus intergénérationnels, l'alcool et les femmes battues.

             Toutefois il ne faut pas s'y tromper, le ton est résolument optimiste, souvent drôle et chacun des thèmes trouve son opposé dans le bonheur, la joie de tous les instants, l'entraide, ou l'amour tout simplement.               Le roman est raconté par deux voix : celle de Vianne et celle du curé (c'est lui qui s'appelle Reynaud dans le roman) qui déteste la jeune femme et sa chocolaterie.              À lire pour s'ouvrir un peu l'esprit et passer un très bon moment car du début à la fin ce roman est une merveille, de beauté, de bonté, d'ouverture, d'émotion...

Mon avis : Le chocolat est décrit de façon particulièrement gourmande par l'auteure qui parvient plus d'une fois à nous mettre l'eau à la bouche. Des effluves gourmands s'échappent de la plupart des pages, grâce aux descriptions des friandises préparées par Vianne. Jai aimé l'atmosphère gourmande et lourde de senteurs de sa boutique.

Ce roman est un récit très doux malgré les mauvais sentiments de certaines personnes envers Vianne et sa chocolaterie.

A savourer sans modération,  avec une bonne tasse de chocolat chaud !

 

 

12 décembre 2016

Une pensée

"Les gens qui voyagent sont toujours des fugitifs." (Daphné du Maurier)

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08 décembre 2016

La valse lente des tortues (Katherine Pancol)

La valse lente des tortues par Pancol

                Beaucoup de choses ont changé depuis la révélation d'Hortense à la télévision. Joséphine a déménagé dans le 16ème arrondissement de Paris, Shirley et Gary se sont installés à Londres. Hortense les a suivi. Elle s'est inscrite dans une école de styliste. Iris, quant à elle, est en dépression dans une clinique. Joséphine reçoit un paquet contenant les derniers effets d'Antoine. Un soir, elle est agressée par derrière. Elle reçoit des coups de couteau au niveau du cœur, est insultée et rouée de coups. Elle se relève : le paquet d'Antoine l'a sauvé d'une mort certaine. Elle raconte son agression à Luca, qu'elle fréquente depuis plusieurs mois, et celui-ci ignore totalement le sujet et continue de parler de son frère jumeau. Elle décide de ne rien dire de son agression à Zoé. Le lendemain, Zoé reçoit une carte de son père qui donne de ses nouvelles. Elle est ravie : elle le croyait mort. Joséphine n'y comprend rien. Mais elle est encore plus préoccupée par son mystérieux agresseur.

 

Extrait "Elle ne vit pas une silhouette se faufiler derrière elle. Elle n'entendit pas les pas précipités de l'homme qui s'approchait. Elle se sentit tirée en arrière, écrasée par un bras bâillonnée par une main, pendant que de l'autre, un homme la frappait à plusieurs reprises en plein coeur. Elle pensa aussitôt qu'on voulait lui dérober son paquet. Son bras gauche réussit à maintenir le colis d'Antoine, elle se débattit, résista de toutes ses forces mais suffoqua. Elle étouffait, crachait et finit par tout lâcher en se laissant tomber à terre. Elle eut juste le temps d'apercevoir des semelles de chaussures de ville lisses, propres, qui la frappaient sur tout le corps. Elle se protégea de ses bras, se roula en boule. Le paquet glissa. L'homme siffait des injures, salope, salope, enculée de mes fesses, sale conne, tu la ramèneras plus, tu prendras plus tes grands airs de pétasse, tu vas la fermer, connasse, tu vas la fermer ! Il martelait des obscénités en redoublant ses coups. Joséphine ferma les yeux, demeura inerte, un filet de sang coulait de sa bouche, les semelles s'éloignèrent et elle resta allongée sur le sol.

 

Mon avis Dans ce second tome, on suit l'évolution des personnages.  Le cadre de vie a changé. Il se situe désormais à Paris et Londres. J'ai trouvé ce deuxième tom plutôt brouillon. Je n'ai pas été enthousiasmé.

 

 

 

 

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05 décembre 2016

Une pensée

"On ne doit plus craindre les mots lorsqu'on a consenti aux choses." (Marguerite Yourcenar)

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01 décembre 2016

Les yeux jaunes des crocodiles (Katherine Pancol)

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          Iris, la quarantaine, belle, riche et élégante parisienne,avait autrefois lancé toutes les modes, accumulé tous les diplômes, séduit tous les hommes. Elle ne vivait pas, ne respirait pas, elle régnait ! Aujourd'hui, malgré tous ces atouts et la vie bourgeoise qu'elle mène, elle s'ennuie et rêve de devenir une autre.
          Au cours d'un dîner, elle fait la connaissance d'un éditeur, et prétend être en train d'écrire un livre sur le Moyen-Âge…


          A l'inverse d'Iris, Joséphine, sa sœur, est une historienne. Par manque de confiance en elle, c'est une personne effacée. Chercheuse brillante du CNRS, elle est spécialisée dans le domaine des femmes au XII° siècle. Mère de deux enfants, un jour, elle craque. Elle ne supporte plus son mari – chômeur oisif, attentiste, et amant de Mylène, la coiffeuse du quartier. Elle finit par le mettre à la porte du domicile conjugal. Il décide de partir au Kenya pour faire un élevage de crocodiles.
           Joséphine enchaîne petits boulots sur petits boulots. En plus de son travail de chercheur, elle s'investit dans des traductions que lui fournit son beau-frère et, surtout, elle accepte de servir de prête plume à sa sœur Iris, qui, ayant annoncé au beau monde l'écriture d'un livre ne se sent plus de faire marche arrière. Joséphine, au grand cœur, habituée depuis qu'elles sont enfants qu'Iris la domine, accepte de lui rendre ce service.


              Cette situation va les conduire, chacune leur tour, sur des chemins inconnus jusqu'alors. A la parution du livre, Iris obtient la reconnaissance tant espérée, et Joséphine voit sa situation financière considérablement s'améliorer.

Extrait :

"- un contrat dont on ne parle à personne; Tu m'entends ? Personne. Un contrat qui sert nos intérêts à toutes les deux. Toi, tu as besoin d'argent... Ne dis pas non. T'as besoin d'argent... Moi, j'ai besoin de respectabilité et d'une nouvelle image... Je ne t'explique pas pourquoi, ça deviendrait trop compliqué et puis je ne suis pas sûre que tu comprendrais. Tu ne pigerais pas l'urgence dans laquelle je suis.

- J e peux essayer si tu m'expliques, proposa timidement Joséphine.

- Non ! Et puis je n'ai pas envie de t'expliquer. Alors c" qu'on va faire, c'est très simple : toi tu écris le livre et tu récoltes l'argent, moi je le signe et je vais le vendre à la télévision, à la radio, dans les journaux... Tu produis la matière première, moi j'assure le service après-vente. "

Mon avis : Katherine Pancal brosse des portraits de femmes. Certes caricaturaux et improbables parfois, mais des femmes qui, à certains points de vue, comme nous toutes, nous ressemblent. Car il leur faut mener de front carrière professionnelle, familiale et sociale. L'écriture est agréable.

 

     

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29 novembre 2016

Une pensée

"Les vilaines pensées viennent du coeur" (Paul Valériy)

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21 novembre 2016

Une pensée

"Les vrais paradis sont ceux qu'on a perdus" (Marcel Proust)

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17 novembre 2016

Les fenêtres (Charles Baudelaire)

          Celui qui regarde du dehors à travers une fenêtre ouverte, ne voit jamais autant de choses que celui qui regarde une fenêtre fermée. Il n'est pas d'objet plus profond, plus mystérieux, plus fécond, plus ténébreux, plus éblouissant qu'une fenêtre éclairée d'une chandelle. Ce qu'on peut voir au soleil est toujours moins intéressant que ce qui se passe derrière une vitre. Dans cet trou noir ou lumineux vit la vie, rêve la vie, souffre la vie.

           Par delà des vagues de toits, j'aperçois une femme mûre, ridée déjà, pauvre, toujours penchée sur quelque chose, et qui ne sort jamais. Avec son visage, avec son vêtement, avec son geste, avec presque rien, j'ai refait l'histoire de cette femme, ou plutôt sa légende, et quelquefois jeme la raconte à moi-même en pleurant.

           Si c'eût été un pauvre vieux homme, j'aurais refait la sienne tout aussi aisément.

           Et je me couche, fier d'avoir vécu et souffert dans d'autres que moi-même.

           Peut-être me direz-vous : "Es-tu sûr que cette légende soit la vraie ?" Qu'importe ce que peut être la réalité placée hors de moi, si elle m'a aidé à vivre à sentir que je suis et ce que je suis ?

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